Février 2022

Comme une invitation à prier !

Comme une invitation à prier !
Dans l’Eglise, le mois de février s’ouvre par la fête de la Présentation de Jésus.
L’évangile de Luc que nous lirons à cette occasion, le 2 du mois précisément, évoque ce rituel de la loi Mosaïque, qui entourait la naissance d’un petit garçon.
Mais au delà de l’évocation sobre de l’événement, le texte rapporte aussi la présence, ce jour là, à l’entrée du temple, d’un vieil homme appelé Syméon précisant qu’il « était un homme juste et religieux qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. » Luc 2,25.
Pour moi, dans ma prière, j’imagine facilement ce monsieur âgé, fragile et digne, je le « vois », et cela me réconforte intérieurement. Je suis touché par sa foi, sa fidélité, sa discrétion, son humble présence, toute emprunte de silence et qui ne revendique rien.
Syméon est à sa place. Il est là où l’Esprit du Seigneur l’a conduit, là, parce qu’il a écouté sa voix.
Vous l’avez certainement remarqué, les temps que nous vivons ne ménagent pas notre vie de foi.
Car à moins d’être aveugle et sourd, véritablement privé de sens, nous mesurons certainement comment notre désir de tenir dans une relation forte avec Dieu, fait appel à notre détermination, notre discipline, notre vigilance, pour ne pas perdre le goût.
En effet, en cette heure et en ces lieux qui sont les nôtres, bien des obstacles se dressent sur le chemin de notre vie croyante, comme le sentiment d’être isolé, l’indifférence contemporaine, au moins apparente, a l’existence de Dieu, la fragilité révélée de l’institution Eglise et la mauvaise image qu’elle peut susciter, pour ne citer que ceux là.
Tout cela fait parfois beaucoup, je le ressens moi aussi.
Mais même arrivé à ce point, bien inconfortable, le choix fondamental de vivre, s’inscrit encore devant nous. Soit nous enfourchons l’aigreur, le pessimisme que fait toujours naître la certitude d’avoir raison, même contre la terre entière, soit nous consentons à porter notre foi dans ce monde tel qu’il est, à poser humblement les actes que nous discernons comme justes, avec courage, sans tambour, ni trompette.
C’est un défi urgent, parce qu’il dépend de nous, mais réalisable si le Seigneur y a une place, si nous la lui laissons, si nous gardons sa voix distincte, au milieu de toutes les autres auxquelles elle est toujours mêlée.
A l’exemple de Syméon, ne manquons pas de nous porter dans la prière, mutuellement, réellement, à la manière qui est la nôtre, pour demeurer ensemble, Vivants, simples et présents, dans le cœur de notre Dieu.
Mathias