Un grand bruit venant du ciel

Un grand bruit venant du ciel !

« Seigneur si vraiment tu es là, fais du bruit »
J’ai trouvé cette prière écrite dans le petit cahier placé sur l’autel de la vierge à l’église de Prayssac. Elle m’a beaucoup ému, parce qu’elle est simple et parce qu’elle est vraie.
Je ne sais pas qui a pu dire ces mots, mais ils sont beaux, ils sont la marque de notre humanité qui mendie un signe à Dieu afin de mieux pouvoir lui faire confiance.
N’importe quel croyant passe par ce paradoxe qui met son cœur et toute sa foi en présence d’un Dieu au-delà de toute perception vérifiable.
C’est bien vrai, nul ne voit Dieu, et nul ne l’entend si l’on veut bien s’en tenir au premier sens de ces mots.
C’est pourquoi des générations de croyants ont demandé au Seigneur un signe sensible de sa présence, il suffit de lire les psaumes pour s’en rendre compte.
Il y a ceux qui demandent avec respect et presque timidement, comme un peu ce priant de notre église, il y a ceux qui sont bien plus directs, ceux qui crient, qui se plaignent de ce Dieu distant, ceux qui cherchent à le fuir et qui le lui disent.
Les apôtres de Jésus ont eu aussi des réactions très diverses en comprenant que leur maître allait « se détacher d’eux ».
« Pour aller où je m’en vais vous savez le chemin » ose dire Jésus à ses amis, et la réponse fuse dans la bouche de Thomas : « Nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jean 14,5.
En réalité notre foi doit beaucoup à celle de Thomas et d’une certaine manière, c’est un peu lui qui la rend possible. C’est en tous cas ce que je ressens de mon expérience.
Bientôt les disciples pourront dire à Thomas : « Nous avons vu le Seigneur ». Mais Thomas reste toujours lui-même : « Tant que je ne vois pas ses mains avec la marque des clous et que je ne mets pas le doigt dans la marque des clous, tant que je ne mets pas la main dans son côté, non je ne crois pas » Jean 20, 25.
Voilà qui est bien plus impertinent que de demander la manifestation d’un simple bruit.
Mais Jésus n’oubliera pas la prière du Thomas et quelques jours plus tard il lui dira : « Mets ici ton doigt, regarde mes mains. Avance ta main et mets la dans mon côté. Cesse de nier et crois ! » Jean 20, 27.
Vous savez que l’histoire ne précise pas si Thomas a pu finalement esquisser le moindre geste de vérification, la tradition dit que non, mais quoi qu’il en soit la seule béatitude de l’évangile de Jean est pour lui. : « Tu m’as vu et tu crois, heureux ceux qui croient sans avoir vu » Jean 20, 29.
Une invitation comme un bruit qui court encore, et qui dilate le cœur des croyants.
Mathias