Un petit guide pour cheminer pendant le Carême 2019

Notre terre va mal !

Tout le monde le dit, et tout le monde le sait, sauf à vouloir l’ignorer d’une manière malhonnête, crasse, comme on dit en théologie.
A partir de là que faire ?
J’entends souvent dire que ces problèmes nous dépassent, que ce n’est pas à nous de les régler car notre petite contribution ne saurait avoir d’effet sur un bilan d’ensemble englobant le monde entier. Voilà qui nous permet de ne pas trop bousculer notre manière de vivre, tout en gardant une conscience sereine, au moins sur le dessus.
La foi chrétienne, la confiance au Christ ressuscité qui nous donne sa Vie devrait, il me semble, nous conduire à davantage d’audace, et de remise en question.
Alors que le chemin du carême s’ouvre à nous, je vous propose de vivre ces 40 jours à l’écoute de notre terre et de ses habitants.
Essayer à notre niveau d’expérimenter ce chemin d’écologie intégrale que trace le pape François dans l’encyclique Laudato Si’.
Afin d’encourager mes propres pas j’ai balisé cet itinéraire que je vous partage dans le petit guide qui suit.

Bon carême !
Mathias

Mercredi 6 mars
Avec toute l’Eglise, je commence mon chemin, en signe de pénitence je reçois quelques cendres sur mon front :
« Nous oublions que nous mêmes nous sommes poussières. Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure. » Laudato Si’ n°2
Dans ma prière, je prends le temps de contempler la terre de laquelle je tiens la vie, je peux prier avec le psaume 8, qui chante les merveilles de la création.

Jeudi 7 mars
Aujourd’hui je peux remettre au Seigneur mon désir de prendre ma part dans la conversion écologique indispensable.
Je lui demande très clairement de soutenir mon effort, d’aller avec lui vers plus de sobriété matérielle.
« L’humanité possède encore la capacité pour construire notre maison commune.
Je souhaite saluer, encourager, remercier et remercier tous ceux qui dans les secteurs les plus variés de l’activité humaine, travaillent pour assurer la sauvegarde de la maison que nous partageons. » Laudato Si’n°13

Vendredi 8 mars
Traditionnellement le vendredi était un jour de jeûne. Peut-être le restent t’ils pour certains d’entre nous. A moins que nous ne mangions du poisson.
Quoi qu’il en soit j’essaye de faire de ce jour une occasion de consommation responsable, quand à ce que je mets dans mon assiette.
« D’autre part, la vie dans les fleuves, les lacs, les mers, et les océans qui alimentent une grande partie de la population mondiale, se voit affecté par l’extraction désordonnée des ressources de pêche, provoquant des diminutions drastiques de certaines espèces.Des formes sélectives de pêche, qui gaspillent une grande partie des espèces capturées, continuent encore de se développer. » Laudato Si’ n°40

Samedi 9 mars
Une saine écologie passe nécessairement par l’ouverture à l’autre, alors je peux faire de ce jour un jour pour l’autre. Lui d’abord ! Et cela change mon comportement même dans mon lien à la nature.
« Quand l’être humain se met lui même au centre, il finit par donner la priorité absolue à ses intérêts de circonstance et toute le reste devient relatif. » Laudato Si’ n°122
Il n’y a donc rien dans mon mode de vie que je ne puisse interroger et changer. Pour aujourd’hui je peux rechercher ce qui dans mes habitudes de consommation ne respecte pas complètement la place de l’autre.

Lundi 11 mars
Il est plus facile de voir les contre sens écologiques dans la vie de mes contemporains plutôt que dans la mienne propre. Mais je ne vais pas sauver le monde tout seul et encore moins malgré les autres.
« La conscience d’une origine commune, d’une appartenance mutuelle et d’un avenir partagé par tous est nécessaire. Cette conscience fondamentale permettrait le développement de nouvelles convictions, attitudes et formes de vie. » Laudato Si’n°202
Aujourd’hui j’essaye de prendre une initiative qui me sorte d’un individualisme confortable.

Mardi 12 mars
Parmi toutes les richesses de la nature qui nous sont indispensables l’eau a une place à part. Encore plus que précieuse, l’eau est en elle même la vie.
Nous en avons d’ailleurs un signe très fort dans la célébration du baptême, sacrement de la Vie que Dieu nous donne.
« L’eau potable et pure représente une question de première importance parce qu’elle est indispensable pour la vie humaine comme pour soutenir les écosystèmes aquatiques et terrestres…La provision d’eau est restée relativement constante pendant longtemps mais en beaucoup d’endroits la demande dépasse l’offre durable, avec de graves conséquences à court et à long terme. » Laudato Si n°28
Dans une journée il y a de nombreuses occasions d’économiser l’eau, de la respecter quand à sa propreté, à sa noblesse. A moi de d’être attentif pour aujourd’hui.

Mercredi 13 mars
« Nous ne sommes pas Dieu. La terre nous précède et nous a été donnée.
Cela implique une relation de réciprocité responsable entre l’être humain et la nature. » Laudato Si’ n°67
Il y a dans ma vie beaucoup de champ d’application pour cette réciprocité responsable.Je peux par exemple interroger mon usage de la voiture à laquelle nos sociétés sacrifient beaucoup d’espace en portant aussi atteinte à la santé de tous.
Quelle initiative pourrais je prendre pour réduire son usage ?

Jeudi 14 mars
Un monde juste et beau ne peux pas se construire de manière déséquilibrée.
Chacun doit pouvoir accès au même bien commun alors qu’aujourd’hui quelques uns le pillent quand la majorité des habitants de la terre en est privée.
« Dans les conditions actuelles de la société mondiale, où il y a tant d’inégalités et où sont toujours plus nombreuses les personnes marginalisées, privées des droits humains fondamentaux, le principe du bien commun devient immédiatement comme conséquence logique et inéluctable, un appel à la solidarité et à une option préférentielle pour les plus pauvres. » Laudato Si’ n°158
Ma manière d’acheter, peu ou beaucoup, loin ou près de chez moi, a un prix juste ou trop insignifiant pour respecter le travail de l’autre et son environnement, tout cela participe au bien commun. Même modestement j’ai donc une latitude pour le respecter et même le promouvoir.

Vendredi 15 mars
« Les ressources de la terre sont aussi objet de déprédation à cause de la conception de l’économie ainsi que de l’activité commerciale et productives fondées sur l’immédiateté. »Laudato Si’ n°32
Moi aussi j’ai part à cette immédiateté, je suis comme pris dedans, mais je peux aussi choisir de prendre un peu de recul.
La prière est un lieu pour cela, pour retrouver l’essentiel, pour demander au Seigneur le courage de la simplicité et de l’attente.

Samedi 16 mars
« Chaque année disparaissent des milliers d’espèces végétales et animales que nous ne pourront plus connaître, que nos enfants ne pourront pas voir, perdues pour toujours. L’immense majorité disparaît pour des raisons qui tiennent à une action humaine. A cause de nous des milliers d’espèce ne rendront plus gloire à Dieu par leur existence et ne pourront plus nous communiquer leur propre message. »Laudato Si’n°33
Aujourd’hui je prête une attention particulière à la nature qui m’entoure. Je peux remercier le Seigneur de tout ce don qui m’est fait et sans me culpabiliser inutilement je peux aussi prendre davantage conscience de sa fragilité.

Lundi 18 mars
C’est le début d’une nouvelle semaine. Dans ma prière je demande au Seigneur de me décentrer de moi même, d’ouvrir mon cœur et mes mains aux appels de frères et de sœurs que notre mode de vie matérielle laisse sur le bord du chemin.
Quand les personnes deviennent auto référentielles et s’isolent dans leur propre conscience elles accroissent leur voracité. En effet plus le cœur de la personne est vide, plus elle a besoin d’objets à acheter, à consommer. Laudato Si’n°204

Mardi 19 mars
Aujourd’hui l’Eglise fête Saint Joseph dont la tradition rapporte qu’il était charpentier. Homme simple et humble, assez proche de ce que l’on comprend être aujourd’hui un homme juste. Je peux lui demander son aide dans ma prière.
L’histoire populaire lui a parfois fait endossé le rôle du naïf alors qu’il est peut-être le vrai sage.
« Le paradigme techno économique fait croire à tous qu’ils sont libres, tant qu’ils ont une soi-disant liberté pour consommer alors que ceux qui ont en réalité la liberté, ce sont ceux qui constituent la minorité en possession du pouvoir économique et financier. Laudato Si’n°203 »

Mercredi 20 mars
La vision consumériste de l’être humain, encouragée par les engrenages de l’économie globalisée actuelle, tend à homogénéiser les cultures et à affaiblir l’immense variété culturelle qui est un trésor de l’humanité. C’est pourquoi prétendre résoudre toutes les difficultés à travers des réglementations uniformes ou des interventions techniques, conduit à négliger la complexité des problématiques locales qui requièrent l’intervention active des citoyens. Laudato Si’ n°144
La préservation de « notre maison commune » est bien l’affaire de tous même si d’une certaine manière j’aspirerai à ce que d’autres s’en occupent pour moi.
Quantité d’associations locales se préoccupent d’un aspect de la question écologique. De quelle manière je m’y implique ? Ne pourrais je pas faire un peu plus ?

Jeudi 21 mars
Sans me prendre trop au sérieux je dois savoir que mon engagement même modeste rejaillit nécessairement sur une conscience plus collective de laquelle je fais partie.
C’est un fait, quand les habitudes de la société affectent le gain des entreprises, celles ci se retrouvent contraintes à produire autrement. Cela nous rappelle la responsabilité sociale des consommateurs. Acheter est non seulement un acte économique mais toujours aussi un acte moral. C’est pourquoi aujourd’hui le thème de la dégradation environnemental met en cause les comportements de chacun de nous. Laudato Si’ n°206
Je peux par exemple m’interroger sur l’origine des produits alimentaires que j’achète, sachant que plus ils viennent de loin plus leur empreinte écologique est néfaste.

Vendredi 22 mars
« La conscience que la gravité de la crise culturelle et écologique doit se traduire par de nouvelles habitudes. Beaucoup savent que le progrès actuel, tout comme la simple accumulation d’objets ou de plaisirs, ne suffit pas à donner un sens ni de la joie au cœur humain, mais ils ne se sentent pas capables de renoncer à ce que le marché leur offre. »Laudato Si’n°209
Nous le savons bien les habitudes « faciles » sont bien plus vites prises que celles qui nous demandent effort et rigueur même si c’est pour plus de joie intérieure.
Je demande au Seigneur son aide pour me rendre capable de renoncer à un bien qui ne m’apportera rien de durable. Je peux aussi délibérément choisir d’acheter un bien un peu plus cher et faire ainsi, à ma mesure, un pas dans la direction d’une écologie intégrale, sociale, environnementale et même intérieure.

Samedi 23 mars
« Il existe des formes de pollution qui affectent quotidiennement la santé des personnes. L’exposition aux polluants atmosphériques produit une large gamme d’effets néfastes sur la santé, en particulier des plus pauvres…. » Laudato Si’ n°20
Bine sûr pour la plus part d’entre nous, nous avons la chance de vivre dans un air plutôt sain. Mais comment pourrions nous ignorer que la pollution de l’air fait des ravages dans d’autre pays, en particulier en Asie dans ces lieux qui sont en réalité devenus les usines de l’occident.
Peut-être qu’aujourd’hui, je suis particulièrement invité à prendre conscience de la chance qui est la mienne de respirer un bon air.
Je peux prier avec le psaume 103 tout en me demandant ce qui, dans mon mode de vie, ne respecte pas tout à fait l’air que les autres respirent.

Lundi 25 mars
« Quand nous prenons conscience du reflet de Dieu qui se trouve dans tout ce qui existe, le cœur expérimente le désir d’adorer le Seigneur pour toutes ces créatures » Laudato Si’ n° 87
Pour ouvrir la semaine, je laisse mon coeur aller à la louange, je peux prier avec le psaume 94 ou encore avec le cantique des créatures de saint François d’Assise.

Mardi 26 mars
« Les évêques du Brésil ont souligné que toute la nature, en plus de manifester Dieu est un lieu de sa présence. En toute créature habite son Esprit vivifiant qui nous appelle à une relation avec Lui. La découverte de cette présence stimule en nous le développement des « vertus écologiques. » » Laudato Si’ n° 88
Dans la force fragile de ma foi j’expérimente que notre monde est bien le lieu où Dieu se tient et il n’y en a pas d’autre.
Cela doit me stimuler pour en prendre soin et pour me relancer dans mon effort au cours de ce carême.

Mercredi 27 mars
« Les problèmes ( de pollution) sont intimement liés à la culture du déchet, qui affecte aussi bien les personnes exclues que les choses vite transformées en ordure. » Laudato Si’ n° 22
Voilà des mots forts qui interrogent mon rapport au monde d’une manière très profonde. La logique de l’utilisation pour mon bien propre peut me conduire a aliéner les biens et les personnes en les écartant de moi toujours plus rapidement.
Voilà un constat dur à admettre tellement il impacte notre monde et sans doute aussi un peu ma propre vie.
Aujourd’hui je peux décider de redonner vie à une chose qui m’appartient,j et pourquoi pas à une personne que j’ai délibérément « rangée » dans un tiroir fermé.

Jeudi 28 mars
« Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’(accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde mettant à disposition des ressources pour une saine croissance dans d’autres parties. » Laudato Si’ n°193
Cette notion de décroissance est largement débattue dans le monde économique qui évoque parfois une croissance continue. Spirituellement nous savons pourtant qu’il faut parfois diminuer pour grandir, accepter le doute, traverser l’inconfort.
Suis je prêt à ce que mon mode de vie décroisse pour que celui d’un autre puisse grandir et par quoi vais-je commencer ?

Vendredi 29 mars
« Réalisons par exemple que la majeure partie du papier qui est produit est gaspillée et n’est pas recyclée » Laudato Si’ n°22
Voilà un constat simple, même si nous pouvons le nuancer parce que nous recyclons peut-être pieux que d’autres.
Aujourd’hui nous avons pris l’habitude de tout emballer et cela nous paraît naturel, alors que les papiers et cartons d’emballage ont une durée de vie de quelques heures à peine, et parfois bien moins.
Je vous propose ici d’essayer de refuser le maximum d’emballages inutiles, après tout si Jésus a multiplié les pains il n’a pas pris soin de les conditionner dans autant de poches en papier complètement inutiles.

Samedi 30 mars
« Cependant tout n’est pas perdu, parce que les êtes humains capables de se dégrader à l’extrême, peuvent aussi se surmonter, opter de nouveau pour le bien et se régénérer, au delà de tous les conditionnement sociaux et mentaux qu’on leur impose. » Laudato Si’n°205
Comme annoncé en exergue de ce petit guide le combat pour un environnement durable nous apparaît parfois comme peine perdue. C’est une mauvaise pente qui nous donne une image négative de nous même et fermée à l’amour que Dieu nous porte.
Nous sommes tous capables d’aller vers le mieux, parce que Dieu lui-même instille en nous cet élan.
Je peux refermer cette semaine en priant avec le psaume 139.

Lundi 1er avril
« En outre nous savons qu’on gaspille approximativement un tiers des aliments qui sont produits, et que lorsque l’on jette de la nourriture c’est comme si l’on valait à la table du pauvre » Laudato Si’ n°50
Cette semaine je peux choisir d’apporter particulièrement mon attention sur la question du gaspillage alimentaire.
Nous savons qu’il est énorme et que nous l’induisons lorsque nous exigeons dans nos achats que tout produit soit disponible à longueur de jour et de saison.

Mardi 2 avril
« Il ne sert à rien de décrire les symptômes de la crise écologique, si nous n’en reconnaissons pas la nature humaine. Il y une manière de comprendre la vie et l’activité humaine qui a dévié et qui contredit la réalité jusqu’à lui nuire. » Laudato Si n°101
Il est toujours inconfortable de réinterroger nos modèles, mais comment faire autrement si nous voulons changer.Il s’agit d’accepter de voir le désordre qu’in nous faut prendre en compte, chacun pour notre part.

Mercredi 3 avril
« L’intervention humaine sur la nature s’est toujours vérifiée, mais longtemps elle a eu comme caractéristique d’accompagner, de se plier aux possibilités qu’offrent les choses elles mêmes….Maintenant en revanche, ce qui intéresse c’est d’extraire tout ce qui est possible des choses par l’imposition de la main de l’être humain, qui tend à ignorer ou a oublier la réalité même de ce qu’il a devant lui. » Laudato Si’ n°106
Voilà un bel appel a ce que chacun de nous se réconcilie avec la nature, à ne plus vivre contre elle mais avec elle.. Je peux me souvenir de cette réflexion lorsque le moment sera venu de préparer mes prochaines vacances.

Jeudi 4 avril
« Le sentiment d’union intime avec les autres êtres de la nature ne peut pas être réel si en même temps il n’y a pas dans le coeur de la tendresse, de la compassion et de la préoccupation pour les autres êtres humains. » Laudato Si’ n° 91
Notre lien avec la nature ne peut être égoïste, tourné sur nous même. C’est un écueil lorsque nous nous montrons d’accord pour que les choses changent à condition que cela n’atteigne en rien notre manière de vivre.
Hors, notre mode de vie actuel est impossible à soutenir pour la planète entière, je dois donc changer, par amour des autres.
Sur quoi mon effort portera t’il aujourd’hui ?

Vendredi 5 avril
« ….Les évêques de Nouvelle Zélande se sont demandés ce que le commandement « tu ne tueras pas » signifie quand « vingt pour cent de la population mondiale consomment les ressources de telle manière qu’ils volent aux nations pauvres, et aux futures générations, ce dont elles ont besoin pour survivre » Laudato Si’n°95
Le partage est un maître mot du carême et il doit être réel à la mesure qui est la mienne. Je peux choisir aujourd’hui de participer à la collecte du CCFD qui aura lieu dimanche, pour le geste de partage qui me semblera juste.

Samedi 6 avril
« La préservation de la nature fait partie d’un style de vie qui implique une capacité de cohabitation, de communion. Jésus nous a rappelé que nous avons Dieu comme Père commun, ce qui fait de nous des frères. » Laudato Si’ n° 228
J’observe que dans le combat écologique, l’autre est souvent désigné comme coupable, celui qui pollue…C’est terrible de se laisser aller a de tels jugements.
L’autre est celui avec lequel j’apporte ma pierre au changement même si ce n’est pas évident. Je ne suis rien tout seul, que le Seigneur me le rappelle pour aujourd’hui.

Lundi 8 avril
« Tout est lié, et comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dabs un merveilleux pèlerinage,, entrelacés par l’amour que Dieu porte a chacune de ses créatures et qui nous unit aussi avec une tendre affection à frère soleil, à sœur lune, à soeur rivière et à mère terre. » Laudato Si’ n°92
Tout est lié, voilà une expression clé de l’encyclique. Tout est lié dans la vie des hommes, mais aussi dans ma propre vie.
En ce début de cinquième semaine je demande au Seigneur de me donner le courage d’une cohérence de vie « écologique » autant qu’il est possible. Je peux m’engager sur ce chemin avec lui.

Mardi 9 avril
« L’incohérence est évidente de la part de celui qui lutte contre le trafic d’animaux en voie d’extinction mais qui reste complètement indifférent face à la traite des personnes, se désintéresse des pauvres, ou s’emploie à détruire un autre être humain qui lui déplait. » Laudato Si’ n°91
Il y a l’écologie lointaine, celle que je soutiens en pensée, (ou en don), et puis il y a l’écologie de la proximité. Ce choix qu’un autre ne peut pas faire pour moi, qui sollicite mon attention, mon courage, ma remise en question.
Qu’est ce que j’essaye de rendre plus cohérent aujourd’hui, dans ma vie concrète ?

Mercredi 10 avril
« Nous continuons à admettre en pratique que les uns se sentent plus humains que les autres, comme s’ils étaient nés avec de plus grands droits. »
Laudato Si’ n° 90
C’est vrai ! Dans la manière dont je vis bien des choses menacent la vie de l’autre. Son environnement en particulier. D’une manière insidieuse certes, mais d’une manière non moins réelle. Mon premier travail est de le reconnaître.
En faisant attention à ce que je jette, je contribue par exemple à rendre la terre plus habitable par tous.

Jeudi 11 avril
« Ces problèmes sont intimement liés à la culture du déchet qui, qui affecte aussi bien les personnes exclues que les choses, vite transformées en ordure. »
Laudato Si n°22
Ces mots sont difficiles à entendre, mais sans aucun doute nous sommes nous trop habitués à cette culture du déchet.
Aujourd’hui je demande au Seigneur de pourvoir regarder autrement : les choses, mises à ma disposition, les personnes qui croisent mon chemin et d’y reconnaître la marque du Créateur à l’origine de tout don.

Vendredi 12 avril
« Le fait de réutiliser quelque chose au lieu de le jeter rapidement, parce qu’on est animé par de profondes motivations peut-être un acte d’amour exprimant notre dignité. » Laudato Si’ n° 211
Les gestes les plus simples sont aussi les plus vrais. Ceux que nous accomplissons non pas pour être vu des hommes, mais par amour de Dieu et de nos frères.

Samedi 13 avril
« Éviter l’usage de matière plastique et de papier, réduire la consommation d’eau, trier les déchets, cuisiner seulement ce que l’on pourra raisonnablement manger, traiter avec attention les autres êtres vivants, utiliser les transports publics ou partager le même véhicule entre plusieurs personnes, planter des arbres, éteindre les lumières inutiles. Tout cela fait partie d’une créativité́ généreuse et digne, qui révèle le meilleur de l’entre humain. » Laudato Si’n°211
S’il me manquait quelques idées orientant mon action voilà de quoi rendre concret mon effort. Que le Seigneur le soutienne.

Lundi 15 avril
« Nous sommes nous mêmes, les premiers à avoir intérêt à laisser une planète habitable à l’humanité qui nous succèdera. C’est un drame pour nous-mêmes parce que cela met en crise le sens de notre propre passage sur terre. » Laudato Si’ n°160
Alors que nous entrons dans la semaine sainte, l’encyclique nous redonne le sens d’un combat pour une juste écologie, non pas pour nous même mais à cause de notre dignité, parce que Dieu nous a crée à son image avec un coeur capable d’aimer. Demandons au seigneur de ne pas le laisser se refermer.

Mardi 16 avril
« Quand l’être humain se met lui-même au centre au centre, il finit par donner la priorité absolue à ses intérêts de circonstance, et tout le reste devient relatif » Laudato Si’ n° 122
Dans ma prière de ce jour je considère avec lucidité tout ce qui me tourne d’abord vers moi-même, mes jugements, mon refus de comprendre l’autre et même de lui laisser une place. J’en demande pardon au Seigneur.

Mercredi 17 avril
« Chacun de nous a en soi une identité personnelle capable d’entrer en dialogue avec les autres et avec Dieu lui-même. » Laudato Si’ n°122
Au moment de suivre au plus près Jésus qui donne sa vie par amour pour moi je considère à nouveau tout ce que Dieu a déposé en moi.
Je lui demande la grâce de rester uni à Lui, jusqu’au bout, même dans le désordre du monde, auquel je participe en même temps que je voudrais le combattre.

Jeudi 18 avril
« Dans l’eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. La grâce qui tend à se manifester d’une manière sensible, atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme, se fait nourriture pour sa créature. » Laudato Si’ n°236
C’est aujourd’hui jeudi Saint. L’Eglise fait mémoire de la Cène, ce moment « réel » où le seigneur me fait l’offrande de sa Vie.
Ce don me dépasse, complètement, pourtant je l’accueille dans la confiance, dans la simplicité de mon cœur reconnaissant.

Vendredi 19 avril
« La violence qu’il y a dans le cœur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres vivants. » Laudato Si n°2
Aujourd’hui est un jour de silence, de jeûne, de pénitence.
Je regarde le Christ en croix. Je prends conscience que le drame s’écrit aujourd’hui, que j’y ai une part, en particulier parce que j’accepte l’injustice criante de nos modes de vie, qui blessent la terre, les générations qui nous succèderont.
Seigneur, ti qui donne ta vie dans le silence, apprends moi maintenant à donner un peu de la mienne pour qu’advienne un monde plus juste et durable tel que Dieu notre Père nous l’a confié.

Samedi 20 avril
« La joie de l’évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauvés par lui, sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. » La joie de l’évangile n°1
C’est cette confiance qui habite le plus profond de mon cœur, c’est cette joie que je chanterai avec toute l’église, traversant avec foi l’obscurité de la nuit pour advenir à la pleine lumière.
Bénis sois tu Seigneur, toi qui conduis ma vie. Bénis sois tu parce que tu es fidèle, que ton amour est de toujours pour toujours, donne moi de ne jamais t’oublier.